Réfugiés

lundi 8 mars 2010
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Un montage sur le thème des réfugiés... (textes ci-dessous)

Réfugiés

Théâtre enfants

- Child 1 : Nous sommes les enfants du camp
- Child 4 : Nous sommes nés en étrangers dans notre propre pays
- Child 5 : Nous avons vécu dans des camps
- Child 6 : On nous appelait des réfugiés
- All : Ce pays est le nôtre
- Child 2 : C’est la terre de nos pères et de nos grand-pères
- Child 3 : Nous vivons ici depuis des années et des années
- Child 7 : C’est ici que nous avons vécu, que nous avons grandi
- All : C’est notre terre

- Child 8 : Nous avions des oliviers
- Child 9 : Et là, nous avions un jardin
- Child 10 : Et là-bas en haut, nous avions une vigne
- Child 6 : Mon grand-père est enterré derrière cette colline
- Child 5 : Ma grand-mère a donné naissance à mon père sous l’olivier qu’ils ont déraciné là-bas
- All : C’est notre terre et ce sont nos enfants
- Child 2 : Ils ont déraciné les oliviers de notre terre
- Child 3 : Et mon père a pleuré. Mon père ne pleure jamais, mais quand ils ont déraciné les oliviers, il a pleuré
- Child 1 : Ils veulent nous déraciner d’ici
- All : Mais nos racines sont profondes
- 3 children : Ils veulent déraciner nos souvenirs
- All : Mais nos racines sont très profondes
- Child 7 : Ils veulent déraciner nos yeux et nos sentiments
- All : Mais nos racines sont aussi profondes que celles des bouleaux


Salam (Handala)

Handala est un personnage dessiné par Naji al-Ali, un réfugié palestinien installé au Liban. Comme vous le voyez, il n’a que dix cheveux sur la tête qui représentent en fait son âge : Handala a 10 ans et ne grandira plus tant qu’on ne le laissera pas retourner dans son pays. Il est pieds nus et ses vêtements sont dans un triste état, signe que, comme tous les réfugiés, il est pauvre et démuni : il ne possède plus que ce qu’il avait sur lui lorsqu’il a été chassé de son village par l’armée israélienne. Handala se tient les mains croisées dans le dos et exprime ainsi son refus de faire la paix tant qu’on ne le laisse pas rentrer chez lui. Il refuse d’avoir quoique ce soit à donner en échange pour récupérer son pays. Ce pays lui appartient, lui a été volé, et doit lui être rendu sans qu’il ait à payer. Nous ne le voyons jamais que de dos parce qu’Handala a les yeux rivés sur son village, celui dans lequel il rêve de pouvoir retourner un jour… Ce petit personnage est, en fait, la conscience arabe. Il ne représente pas seulement les enfants palestiniens, mais tous les enfants arabes.

Salam (clé)

Cette clé en bois représente la clé que chaque réfugié palestinien a emportée avec lui lorsqu’ils ont été chassés de chez eux par les militaires israéliens en 1948 et 1967. Aucun d’eux ne doutait revenir chez lui, une fois la folie israélienne passée : ils ont donc soigneusement fermé la porte de leur maison derrière eux et emporté la clé… Malheureusement, aucun n’a pu rentrer chez lui et aujourd’hui, dans chaque famille de réfugiés, une clé inutile rouille …

Oussama

Je n’ai jamais vu mon village d’origine. Je suis né en Jordanie, et j’ai grandi ici, dans le camp de Deheisheh, mais si vous me posez la question, je vous dirais que j’ai la sensation étrange d’y avoir été, parce que mon père et ma mère m’en ont tellement parlé et me répétaient de ne pas l’oublier. Et ils m’ont mis cette idée forte en tête : je dois y retourner.. Quand je serai rentré chez moi, alors nous pourrons commencer à parler de paix. Moi, ça ne me pose aucun problème d’avoir des Israéliens pour voisins, aucun. C’est Ok pour moi, mais quel genre de voisinage, ça c’est important… Et que ce pays s’appelle Palestine ou Israël, ça m’est bien égal. [...]
J’ai juste besoin de pouvoir vivre normalement, comme vous…

Salam (rêve)

Mon rêve est de quitter le camp de Aïda… Ici, il y a toutes ces « boîtes » construites les unes sur les autres, on n’a pas d’espace, aucune vie privée. Je voudrais partir, pas pour voyager mais pour retourner dans mon village… Parfois, c’est difficile de répondre aux gens qui vous demande d’où vous êtes. On répond qu’on vit à Aïda, mais qu’en fait, on vient de tel ou tel village… C’est difficile de faire comprendre aux gens que nous avons été transplantés de notre pays vers notre pays, et que nous sommes des réfugiés dans notre propre pays… Je voudrais aussi réussir mes études. Je voudrais continuer à faire du théâtre ici, devenir une meilleure comédienne, continuer à travailler avec Al-Rowwad. Je voudrais, bien sûr, avoir des enfants un jour, mais pas maintenant, je n’ai que 18 ans, je suis encore trop jeune pour ça.


Montage sonore réfugiés
IMG/mp3/Mo_taayoush-_chapitre_3.mp3

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