Samedi 11 avril 2009 - Hébron / camp Al-Aaroub

mercredi 6 janvier 2010
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Lever à 7h du mat’ : aujourd’hui, nous partons pour Hébron Nous avons pour entre ½ heure et une heure de trajet. Nous accompagnent Mazen, Ayssar et Mohammed pour qui c’est la première visite à Hébron (qui n’est pourtant qu’à une trentaine de km de leur camp !).

Départ du Centre Al-Rowwad où c’est la cohue : c’est aussi le jour du grand départ de la petite troupe de théâtre pour l’Autriche. Et comme, bien sûr, notre car a du retard (ah, l’organisation palestinienne ! leur timing ne correspond décidément pas au nôtre... Non, sérieusement : comment pourrait-il en être autrement alors que les soldats israéliens peuvent décider de les arrêter ou de les empêcher de passer les checkpoints à n’importe quel moment ?...), nous en profitons pour parler encore et encore avec eux, leurs parents qui attendent un peu anxieux. Ribal et Salam sont du voyage nous leur souhaitons beaucoup de plaisir et de réussite.

Une heure de sur des routes qui serpentent entre les collines ... Colonies israéliennes au sommet des collines, routes modernes de l’une à l’autre, interdites aux palestiniens, soldats armés de fusils d’assaut, jeeps grillagées, tours de contrôle... Nous sommes pourtant en Cisjordanie, çad en Palestine, et non en Israël : les "Territoires Occupés", sont effectivement bien occupés...

A Hébron nous sommes accueillis par Chantal Abu-Eisheh des Amitiés Hébron-France. Sur place, nous retrouvons un groupe de francophones (Français et Belges) et nous nous distribuons dans plusieurs véhicules qui vont nous conduire à la vieille ville. Quatre d’entre nous héritent du mari de Chantal, professeur palestinien barbu, parlant excellemment bien le français et faisant preuve de pas mal d’humour et d’auto-dérision : selon lui, «  les Palestiniens n’ont pas de problèmes, ce peuple a des solutions qui attendent les problèmes, et ces solutions s’ennuient si les problèmes n’arrivent pas »…

*

Il décide de s’arrêter un moment sur la route qui surplombe la vieille Hébron et nous explique ce que nous voyons : "La rue des Martyrs (longue de 3 km et interdite aux Palestiniens) divise Hébron en 2deux zones : Hébron 1 et Hébron 2. Bien que se trouvant en Cisjordanie (et donc, normalement, sous autorité palestinienne), Hébron 2 (dont la vieille ville) est occupée par Israël. Tout le pouvoir est concentré dans les mains de l’armée."

Il continue : "Les constructions israéliennes se sont multipliées depuis les Accords d’Oslo (1993). Il y a, à Hébron, des vestiges datant des Canaéens, des Ottomans (« La Quarantaine »), mais les colons ont soit construit leurs demeures sur ces monuments historiques, soit les ont rendus inaccessibles aux Palestiniens et aux touristes étrangers. Il en est de même pour une série de bâtiments autrefois utilisés par les Palestiniens, par ex. l’école pour les enfants des Réfugiés de 1948 a été annexée par les colons et transformée en musée, le dispensaire fait maintenant partie d’une des colonies, mon école primaire a été transformée en école religieuse pour les Israéliens (avec, consécutivement, fermeture des magasins, rues et maisons palestiniennes à l’entour et instauration de postes d’ « observation » pour assurer la sécurité des écoliers israéliens), et plusieurs maisons (dont celle de mes grands-parents) se trouvent désormais isolées derrière les nombreux barrages qui coupent les routes et rues".

C’est la première fois que nous voyons une ville colonisée : à Jérusalem, les colonies étaient "à l’extérieur", et non pas imbriquées dans la ville comme ici. Nous sommes un peu assommés par ce que nous entendons. Nous remontons en voiture et reprenons la route : "La particularité de cette ville, nous explique notre guide, est que, quelque soit l’endroit où l’on se trouve, on est vu et contrôlé de partout (caméras et miradors). Vous vous en rendrez compte lorsque vous irez vous promener dans les rues. La vieille ville, nous dit-il encore, est habitée par une population pauvre : la plupart des petits commerces sont fermés par ordre militaire ou parce que leurs propriétaires palestiniens sont partis dans l’espoir d’une meilleure vie pour leurs enfants ailleurs. La soupe populaire (churba, accompagnée parfois d’un peu de viande) est distribuée quotidiennement à tous ceux qui viennent en demander..."

Nous sommes arrivés et notre professeur-chauffeur nous laisse entre les mains de jeunes Palestinien(ne)s qui font partie du Comité de Réhabilitation de la vieille ville d’Hébron et qui nous serviront de guides : en route tout d’abord pour une visite du Tombeau des Patriarches, lieu religieux que les Juifs et les Musulmans « se partagent ». Selon la légende, c’est ici que seraient enterrés les 4 héros bibliques : Abraham, Isaac, Jacob et Joseph.

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Tout le groupe doit se mettre en file et passer à la queue leu-leu au travers de 3 postes de contrôle : au premier, interrogatoire assez sec ("d’où, pourquoi, qui, quoi… ?"), puis passage au travers d’un portillon-détecteur de métal (prière d’enlever ceinture, bijoux,chaussures…). Au second, nous abandonnons nos passeports, au troisième, re-interrogatoire (les mêmes questions) par des soldat(e)s toujours aussi jeunes, toujours aussi secs et armé(e)s jusqu’aux dents. La vie à Aïda nous avait presque fait oublier la brutalité du checkpoint de Bethléem, nous y voici replongés. Une des jeunes guides palestiniennes nous confie "qu’il y a une volonté claire de décourager, voire d’empêcher les Palestiniens de se rendre à la mosquée..."

Nous entrons dans le bâtiment par l’entrée réservée aux Musulmans : les filles du groupe reçoivent une sorte de pèlerine en nylon brun assez moche, puis tout le monde est invité a ôter ses chaussures (casiers prévus). Dans la mosquée, céramiques et peintures, formes géométriques dans les tons noir, gris et rouge ("style mamelouk"), tapis rouges alignés en direction de la Mecque, murs blancs. La coupole est en réparation, mais la guide nous certifie que le soleil au travers de ses verres colorés, c’est « really great ». Elle nous donne quelques infos : "Il y a eu un terrible massacre le 25 février 1994 : Baruch Goldstein, un médecin de la colonie voisine de Kyriat Arba a ouvert le feu au pistolet-mitrailleur sur les fidèles qui priaient et tué 29 personnes, blessé 150 autres avant d’être lui-même battu à mort. Sa tombe est aujourd’hui un lieu de pélerinage pour tous les colons fanatiques. Suite a cela, la mosquée a été fermée pendant 6 mois, puis coupée en deux lors de sa réouverture, une partie étant dorénavant réservée aux Juifs, l’autre aux Musulmans. Mais, quelques jours par an, les deux parties sont ouvertes et accessibles en même temps, uniquement aux Juifs, puis à un autre moment, uniquement aux Musulmans". Nous jetons un coup d’oeil autour de nous, bien moins intéressés par les tombeaux des Patriarches que par une petite fenêtre grillagée, à peine visible derrière le cénotaphe de Sarah, au travers de laquelle nous pouvons entre-apercevoir les Juifs en prière dans la partie "synagogue" du bâtiment … En dehors de ça, chaque communauté ignore l’autre.

Nos trois amis d’Aïda, Mazen, Mohammed et Ayssar, ont préféré rester à l’entrée de la mosquée, pas trop à l’aise, disent-ils, dans ce lieu (à cause des touristes ?). En ressortant, nous croisons des gosses dépenaillés chargés de petits bidons et de seaux en plastique. Ils sont venus chercher la soupe du jour, nous dit la guide : "C’est la porte juste à côté de celle de leur école, mais à cause du poste de contrôle, ils doivent faire un détour de plus de 350 mètres." Il nous semble évident que les soldats auraient pu placer leur barrage 2 mètres plus loin et permettre à ces enfants de passer d’une porte à l’autre directement… "Ca fait partie des humiliations et vexations qu’ils nous infligent tous les jours", commente la jeune guide.... Mais où avons-nous déjà entendu cette phrase ?... Daoud, à Jérusalem...

Pour aller dans le souk de la vieille ville, nous repassons par le poste de contrôle, et là, c’est la gifle : les militaires refusent de rendre leurs papiers d’identité aux jeunes d’Aïda, s’en prennent en particulier à Ayssar (18 ans) qui n’a pas pris les bons documents avec lui. Lorsque nous nous approchons pour essayer de plaider en sa faveur, dire qu’il nous accompagne, nous sommes brutalement rabroués par les militaires qui nous ordonnent de dégager, et il est clair que plus nous insisterons, plus Ayssar le paiera. Sur l’insistance de nos guides (qui ont l’air réellement préoccupés et nous demandent d’arrêter de "harceler"(!) les soldats) nous nous taisons et faisons semblant de suivre le groupe qui s’éloigne, espérant que cela calmera les soldats et qu’ils relâcheront Ayssar. Mais Mazen et Mohammed sont trop horrifiés pour laisser tomber leur copain et venir avec nous.

Nous repartons avec le groupe qui fait la visite avec nous, sauf Sophie et Laetitia qui restent avec "nos" Palestiniens et en profiteront pour discrètement prendre des photos de la scène : le pot de terre contre le pot de fer, un ado (un peu stupide sans doute, pourquoi n’a-t-il pas pris ses papiers ?) face à des soldats armés de M16 et de gourdins, bien puissants dans leurs combat-shoes et leur bon droit. Ayssar (en bleu ciel sur la photo ci-contre) est isolé, puis emmené dans une jeep aux fenêtres grillagées. On apprendra plus tard dans la journée qu’il a été emprisonné à Jérusalem où son père devra se rendre pour tenter de le récupérer…

Tout le monde est secoué : il y a un tel arbitraire dans l’air, une violence palpable, y compris envers nous, braves Occidentaux, à peine plus à l’abri de la brutalité de ces soldats que les Palestiniens. La différence importante, c’est que, à part nous faire perdre notre temps, ces soldats ne peuvent rien nous faire : attention à l’image d’Israël à l’étranger ! C’est quand même une démocratie, n’est-ce pas ?... Enfin, pour les Israéliens ! Les Palestiniens eux, se retrouvent en prison plus vite qu’on ne l’imagine. Profil bas donc, tristesse, révolte, et mille petites attentions à nos deux amis d’Aida qui n’en mènent pas large… Leur première fois à Hébron...

Notre groupe doit maintenant faire tout un détour pour arriver un peu plus loin sur la rue, fermée par une large barrière et des soldats armés et accéder aux souks de la vieille ville. "C’est le lot des Palestiniens d’Hébron", nous dit la guide calmement. "Je connais plusieurs familles qui sont coincées derrière un barrage qui les force à un détour de 12 km pour arriver quelques mètres plus loin dans leur rue. En ligne droite, ça leur prendrait 2 minutes…"

Le grand groupe se scinde ensuite en trois sous-groupes qui, chacun accompagné d’un(e) guide, traverseront la vieille ville et iront voir ce que les colons ont fait dans les quartiers palestiniens. "Les rues d’Hébron ont plus de 800 ans, nous informe notre guide. La ville n’est pas entourée de remparts ni d’un mur de défense : les maisons étaient construites si serrées les unes contre les autres que cela suffisait comme barrière de protection contre les envahisseurs. La plupart datent de l’époque mamelouk mais ont été détruites dans un tremblement de terre et reconstruites sous les Ottomans, lesquels ont respecté l’architecture mamelouk (dont les fameuses fenêtres en triangle percées de petits trous et permettant aux femmes de voir à l’extérieur sans être vues). Le Comité de Réhabilitation où je travaille a à cœur de restaurer ces vieilles maisons, de créer des espaces de jeux pour les enfants et de refaire du Beau : chaque pierre est taillée et placée à la main par des artisans qui ont été formés aux techniques anciennes".

Pour illustrer son propos, elle nous entraîne vers une maison en travaux réhabilitée en école et bibliothèque pour des enfants palestiniens : du beau travail, des matériaux de belle qualité (la pierre blanche est magnifique), il y a une âme dans ce lieu… "252 personnes travaillent à la réhabilitation des vieilles demeures (850 appartements restaurés déjà !), mais notre travail est empêché par les soldats qui soit arrêtent les ouvriers-artisans et les jettent en prison, soit les empêchent de se rendre sur leur chantier (ils travaillent alors en cachette), soit empêchent les matériaux nécessaires d’arriver sur les chantiers (les Palestiniens d’Hébron sont interdits de voitures : ils les font passer à dos d’ânes, mais ça pèse lourd en temps et en argent !)"

Nous passons maintenant par le vieux souk : l’endroit est déserté, les plus pauvres y survivent tant bien que mal. Des enfants nous harcèlent pour que nous leur achetions leurs petites bricoles et nous supplient : « Please, help us, help us » ! C’est difficile de dire non, leurs yeux sont trop grands pour leur visage.

La rue remonte un peu, davantage d’échoppes sont ouvertes, les marchandises plus variées, il y a du soleil au-dessus de nos têtes et… des grillages, des filets qui retiennent des ordures ménagères, des détritus de toutes sortes et des pierres (de quoi bien assommer ou tuer quelqu’un !) : toutes choses lancées sur les Palestiniens par les colons juifs qui ont annexé les étages et les terrasses de cette partie de la vieille ville...

"Après la 2ème Intifada (2000), raconte notre guide, il y a eu beaucoup de problèmes : les colons ont poussé les Palestiniens à quitter Hébron, soit en les forçant à vendre leur maison (plus d’une famille qui refusaient l’argent proposé, a vu certains de ses membres assassinés, puis leur maison incendiée), soit en leur rendant la vie impossible (harcèlement, descentes de colons armés sur la ville, attaques de jeunes filles, vols dans les échoppes, lâcher de chiens sur les enfants, haut-parleurs hurlant des chansons et des discours pendant la nuit, empoisonnement d’animaux (poules, chevaux), jets de pierres et d’ordures sur les gens, incendie de maisons fraîchement réhabilitées, fermeture forcée de magasins…), soit encore en leur interdisant de réhabiliter leur maisons, d’approvisionner leur commerce (rues barrées)…" Elle nous sourit : "Vous savez, toutes ces colonies installées sur ces vieilles maisons, elles sont illégales : selon le Droit International, il est interdit de construire du nouveau sur du vieux".

En levant les yeux vers les toits, nous apercevons au travers des grillages protecteurs, campés à côté de nombreux drapeaux israéliens, des soldats, mitraillette pointée sur la foule. Information de notre guide : "Il y a 101 checkpoints avec tourniquets dans la ville (où les Palestiniens peuvent être arbitrairement retenus pendant des heures, qu’ils soient femmes enceintes ou étudiants en route vers un examen), en plus des 5 grands checkpoints qui règlent l’entrée et la sortie de la ville pour tous les non-Israéliens"…

Beaucoup de choses à voir dans le vieil Hébron, dont les sourires, l’extrême gentillesse des Palestiniens, curieux de nous voir marcher au milieu d’eux… Nous retrouvons un des deux autres sous-groupes : ils ont été visiter la maison de Palestiniens à qui des colons juifs avaient proposé une certaine somme d’argent en échange de leur bien. "Les propriétaires de la maison ayant refusé le marché, des Juifs sont arrivés peu de temps après chez eux et ont tout simplement assassiné les deux fils de la famille. Les Palestiniens ont continué à refuser de quitter leur maison... Les Juifs sont alors revenus pour y mettre le feu." Aujourd’hui, cette famille Palestinienne est toujours là. Ils vivent dans leur maison incendiée et ont accueilli le petit groupe de visiteurs avec une extrême gentillesse, puis les ont invités à grimper jusqu’à la terrasse et leur montrent les postes des militaires juifs sur les autres toits. Ils leur ont expliqué qu’ils ont fait un film sur ce qui leur est arrivé, film qu’ils vendent à un prix libre aux gens qui visitent la ville. Emerveillement une fois encore devant l’extraordinaire capacité du peuple Palestinien à redresser la tête et à rebondir après que le malheur soit passé sur eux : encore un exemple de la vitalité, de la créativité de petites gens qui s’opposent à l’oppression par une beautiful résistance !

Les trois sous-groupes (rejoints par Mazen, Laetitia, Mohammed et Sophie) se retrouvent dans les bureaux du Comité de Réhabilitation de la vieille ville où nous attend une projection dias : toute une série de cartes qui montrent clairement l’enfermement progressif des Palestiniens, le bouclage de la ville. Le responsable commente : "Il y a 600 ans, Hébron était une ville renommée, non seulement pour sa mosquée, mais aussi pour ses vignes, son artisanat, ses carrières de pierres, ses vitraux réalisés dans des usines professionnelles. C’était la plus grande ville commerciale de toute la Cisjordanie. Mais, en 1967, Israël s’en est emparée, a lancé la construction de colonies partout, divisé la ville en deux parties, interdit aux Palestiniens de circuler de l’une à l’autre (à pied ou en voiture) et multiplié les pressions (interdictions, vexations) pour forcer les Palestiniens à quitter la ville et ses environs de façon à pouvoir élargir encore le territoire des colonies juives".

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"Il y a actuellement 6 colonies à Hébron, dont 5 dans la vieille ville, en fait 7 familles en tout qui représente un maximum de 400 colons, mais pour la sécurité desquelles 1500 soldats ont été détachés, qui ont subi (en plus des cours d’histoire tout à fait biaisés dispensés tout au long de leur scolarité) un réel lavage du cerveau et sont persuadés d’être, en effet, en danger de mort, face à ces terroristes de Palestiniens."

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Dans les faits, pourtant, ce sont les colons qui terrorisent les habitants d’Hébron. certains font des "descentes en ville" et arpentent les rues d’une manière réellement arrogante et laissent leurs enfants s’amuser au détriment des Palestiniens..."

"Aujourd’hui, l’économie de la ville est morte, les clients ont disparu, 76,6% des magasins sont fermés, le taux de chômage est élevé. Il n’y a plus qu’un accès à la mosquée (et donc des files incessantes vu les contrôles permanents), les cartables des enfants allant à ou revenant de l’école sont fouillés chaque jour, certains ont subi des fouilles corporelles traumatisantes au point de préférer arrêter l’école et s’enfermer chez eux. Il y a 50 élèves par classe, sauf dans la vieille ville où le chiffre est tombé à 20 après qu’un certain nombre d’enfants aient abandonné."

"Les Israéliens font tout pour que les Palestiniens abandonnent. Mais, grâce au Comité de Réhabilitation, le nombre de Palestiniens vivant dans la vieille ville est passé de 1000 en 1993 à 3-4000 personnes : le Comité essaie de recréer une zone résidentielle dans la vieille ville, encourage les gens à revenir y habiter, développe des activités culturelles pour y attirer la clientèle et tenter d’arrêter l’invasion israélienne. Nous recevons une liste des sponsors (la Belgique n’y figure pas…), la Suisse, par ex. a permis la réhabilitation de toute une rue, et la plantation d’arbres qui fleuriront bientôt…"

La séance de dias est terminée. Nous remercions nos hôtes pour leur temps et explications, mais ils nous remercient encore davantage d’être venus et de nous intéresser au peuple palestinien. Avant de partir, nous posons encore quelques questions à notre jeune guide sur "la femme palestinienne et la religion".

Interview of the student
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Nous faisons nos adieux à Chantal Abou-Eisheh et au groupe franco-belge avec qui nous avons passé la journée et regrimpons dans notre mini-bus, sauf Théodore et Louise qui s’en vont visiter la verrerie d’Hébron...

***


Nous allons passer la soirée dans le plus petit camp de réfugiés de Bethléem : Al-Aaroub. C’est là qu’habite Tareq qui nous a invités dans son petit "chez lui". Enfin, pas tout à fait chez lui : le souci, c’est que dans la culture palestinienne, un homme qui veut se marier doit construire sa propre maison (ce qui, vu la situation d’occupation se résume à ajouter un étage à la maison parentale lorsque c’est possible). Mais Tareq n’a pas suffisament d’argent. Sa femme, Sarah, professeur d’anglais, est actuellement sans travail et la paie d’animateur au centre ne leur permet pas de mettre de l’argent de côté. Ils habitent temporairement dans cet appartement qui appartient à un cousin. Mais celui-ci va bientôt se marier et récupérer son bien. Tareq ne sait pas où lui et sa petite famille iront alors... Il ne se plaint pas, c’est le lot de beaucoup de jeunes couples dans les camps...

Oussama nous a rejoints avec deux Américains de passage : Ty et le beau Michaël, à qui nous faisons part de notre projet de passer la journée du lendemain à Naplouse et qui déclarent qu’ils nous accompagneraient volontiers. C’est dans la poche, donc ! La soirée se transforme en tournoi de chansons : l’Occident face à l’Orient, et prière de trouver une chanson qui commence par la lettre avec laquelle la chanson de l’équipe adverse se termine. Personne évidemment n’admet avoir perdu !

Music with Oussama
IMG/mp3/Al_Aaroub_-_musique_Ossama.mp3

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Les photos/cartes/dessins marqués d’une étoile * ont été empruntés sur le net. Merci à leurs auteurs de n’y voir aucune malice !