Soirée de présentation du livre

Bruxelles, 10 février 2011
samedi 18 décembre 2010
popularité : 99%

Voici le déroulement de la soirée de présentation du 10 février 2011, avec le texte et quelques images et chansons... Comme si vous y étiez !

- Accueil en musique
- Mot de bienvenue
- Introduction au livre
- Vidéo : Premier regard
- Anne-Claire présente le projet
- Sophie évoque les checkpoints
- Vidéo : Occupation
- Bénédicte relate la visite du camp de Balata
- Vidéo : Réfugiés
- Intermède musical
- Sophie raconte l’histoire du jeune David
- La chorale chante "Amchi"
- Tanguy témoigne de la manifestation de Silwan
- Vidéo : Beautiful Resistance
- Marine et Laetitia concluent
- Mot de Leïla Shahid
- Ounadikoum tous en choeur

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La chorale Zâaman Awsa-Be inaugure la soirée


- Accueil avec Fil bali oughniyatoun, de Marcel Khalifa

مارسيل خليفة - في البال أغنية

فِي البالِ أُغنِيَةٌ
يا أُخْتُ،عَنْ بَلدِي،
نامِي لأكْتُبَها...
 
رَأيْتُ جِسْمَكِ مَحْمُولاً
عَلى الزَّرَدِ
وكان يَرْشَحُ ألواناً
فَقلتُ لهُم :
جِسْمِي هُناك
فَسَدُّوا ساحَة البَلدِ
 
كُنَا صَغِيرَينِ،
والأشجارُ عالِية
وكُنْتِ أجْمَلَ مِنْ أُمِّي
وَمِن بَلدِي...
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Les trois musiciens accompagnant la chorale

J’ai dans la tête une chanson

Dans la tête j’ai une chanson
Ô soeur, au sujet de mon pays
Dort pour que je puisse l’écrire
 
J’ai vu ton corps
porté sur une cotte de mailles
Et les couleurs en suintaient
Et je leurs ai dis : “Mon corps est là”
C’est alors qu’ils ont fermé la pleine du village
 
Nous étions petits
Et les arbres étaient hauts
Et tu étais plus belles que ma mère
Plus belle que mon pays
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La chorale chante Marcel Khalifa (1)


- Pierre Mainguet prononce un mot de bienvenue, présente la chorale et les personnalités, explique le déroulement de la soirée.

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Pierre Mainguet introduit la soirée

La chorale Zamâan Awsa qui a si joliment ouvert cette soirée réunit des femmes qui chantent en arabe dans un cadre laïque et multiculturel. Son répertoire très varié emmène le public à travers le monde arabe du Levant au Maghreb en passant par le Golfe Persique et met à l’honneur les grands classiques de la musique arabe et d’autres chansons plus modernes. Un grand merci pour votre présence parmi nous ce soir ;

Avec nous ce soir, une grande dame : Madame Leïla Shahid, Déléguée Générale de la Palestine auprès de l’Union Européenne, de la Belgique et du Luxembourg. Outre son action politique, elle a en automne 2008 initié la Saison artistique et culturelle Masarat/Palestine en Communauté française Wallonie-Bruxelles sous le haut patronage de la Ministre des Relations Internationales de la Communauté française avec le soutien de la Ministre de la Culture. C’est d’ailleurs à cette occasion que le groupe Taayoush a fait sa connaissance. Madame Shahid est également l’une des trois promoteurs du Tribunal Russell sur la Palestine, une initiative citoyenne internationale dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009. Sa présence ce soir est un réel plaisir et réel honneur pour le groupe Taayoush. Merci madame Shahid.

Une autre personne importante pour nos hôtes de ce soir, est madame Nadia Farkh. Nadia travaille à l’association belgo-palestinienne (ABP), une asbl fondée en 1975 afin de défendre et promouvoir les droits du peuple palestinien. Ses différents axes d’actions de l’association sont entre autre l’information et la mobilisation de l’opinion publique, l’action politique d’intervention citoyenne auprès des institutions belges et dans l’Union européenne, la promotion de partenariat entre les ONG belges de coopération et des associations palestiniennes. Parmi le s milliers de choses dont elle s’occupe, Nadia accompagne chaque année des missions d’observation sur le terrain organisée par l‘ABP et ouvertes à tous. Enfin, Nadia a largement soutenu le projet Taayoush en lui fournissant local et matériel divers pour ses réunions de préparation. Merci Nadia !

Marianne Blume, quant à elle, est à l’origine professeur de langues anciennes. En 1995, elle part comme coopérante pour Gaza, où elle enseigne le français pendant dix ans à l’université Al-Azhar. . "Née dans une famille de militants et de résistants, j’ai, dès l’enfance, été habituée à ne pas me contenter de regarder le monde en spectateur", dit-elle d’elle même. En 2008, Marianne a publié aux éditions Cortext un livre témoignage sur la vie quotidienne à Gaza, dont le titre est, Gaza dans mes yeux, et que nous vous recommandons. Marianne est également membre active de l’ABP et collabore régulièrement à la rédaction du Bulletin de l’Association. C’est entre autres avec elle que le groupe Taayoush a préparé son voyage en Palestine, ce dont il se félicite.

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Le public écoute l’introduction par Pierre Mainguet


- Pierre introduit la présentation du livre :

Dans le livre que le groupe Taayoush nous présente ce soir, il sera certes question d’occupation, d’expulsion, de spoliation, d’outrage et d’humiliation, mais ce sont avant tout des voix et des visages qui apparaîtront, ceux des jeunes Palestiniens qu’ils ont rencontrés là-bas lors de leur voyage en 2009 : Salam, Maroua, Jamal, Moustapha, Mazen, Mohammed, Ribal, Oussama, Mourad, Samira ... Et aussi des sourires, des peurs et des joies, des désirs et des refus, des rêves et des doutes : des vies.

Plutôt que de vous lire des extraits de leur livre, Tanguy et Anne-claire, Marine et Diane, Théodore et Bénédicte, Sophie et Laetitia voudraient vous raconter quelques moments forts de ce voyage, partager avec vous l’impression qu’ils en ont gardé. Plutôt que de parler à la place des jeunes qu’ils ont rencontrés dans le camp de réfugiés de Aïda, ils vont vous proposer des extraits des vidéos qu’ils ont tournées là-bas…Leurs textes et vidéos seront accompagnés de chansons gracieusement interprétées par la chorale Zaâman…

Avant de passer la parole à Anne-Claire qui va retracer pour vous les grandes lignes du projet Taayoush, je vous invite à vous laisser aller quelques instants au son des cloches de Jérusalem, aux rires des enfants du camp de Aïda et au rythme du groupe de jeunes rappeurs palestiniens « The Freedom Sons » : une invitation au voyage...


- Vidéo : Premier regard

Premier regard


- Anne-Claire présente le projet :

Lorsqu’on évoque le conflit israélo-palestinien, la plupart d’entre nous ne peuvent s’empêcher d’y associer des images de guerre, d’actes terroristes perpétrés par des "Arabes" à l’encontre des "Juifs" d’Israël, lesquels défendent la terre qui leur a été donnée après le judéocide de 1940-1945…

L’idée que l’on peut se faire du problème à partir de ce que les médias nous en disent reste, en effet, assez vague et peu de personnes savent ce qu’il en est réellement de la situation là-bas. C’était également notre cas, jusqu’à ce que nous décidions d’aller voir sur place.

A l’origine de ce projet de voyage en Palestine, il y a le témoignage-photo que Tanguy, un professeur de cette école, a fait ici même sur sa participation à une mission d’observation citoyenne en Palestine initiée par Marco Abramowicz (qui est présent dans la salle). Tanguy s’était dit prêt, alors, à organiser un voyage de rhéto différent pour des élèves intéressés par un projet d’échange culturel et solidaire avec de jeunes réfugiés palestiniens. Sept jeunes de 15 à 20 ans et trois tout aussi jeunes de 27 à 48 ans se sont lancés avec lui dans l’aventure. Notre nom de code : Taayoush, mot arabe qui signifie « vivre ensemble ».

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Anne-Claire présente le projet

Nous avions tous bien conscience qu’aller à la rencontre d’une culture différente exigeait de notre part un engagement intellectuel, social et culturel ainsi qu’une préparation sérieuse. Notre première mission fut donc de nous informer sur la réalité complexe du conflit israélo-palestinien, ce que nous avons fait en collaboration avec différents partenaires, dont les Halles de Schaerbeek (Festival Masarat), l’UPJB (Union des Progressistes juifs de Belgique), l’ABP (Association Belgo-Palestinienne).

C’est ainsi que, d’octobre 2008 à mars 2009, nous avons participé à toute une série d’activités culturelles et artistiques - conférences et tables-rondes, expo-photos, films, pièces de théâtre… Nous avons également bénéficié d’une initiation aux techniques photo et vidéo auprès de Philippe Hubot et son asbl « Voix Publique » C’est à lui que nous devons les vidéos dont vous verrez quelques extraits ce soir, Philippe : merci ! .

En parallèle, par l’intermédiaire de Myriam, bénévole belge que Tanguy avait rencontrée lors de son voyage de 2007, nous avons pris contact par e-mail et par skype avec des jeunes du camp de réfugiés de Aïda, près de Bethléem, où Myriam travaillait.

Et puis, ce fut l’heure de partir : je vous laisse imaginer l’excitation teintée d’appréhension ressentie par chacun de nous devant l’ampleur de notre entreprise…

Du 2 au 16 avril 2009, ce furent quinze jours de découvertes, de chocs et d’émotions fortes et la rencontre de jeunes Palestiniens de 16 à 26 ans à Jérusalem, Hébron, Naplouse, et surtout dans le camp de réfugiés de Aïda où nous avons vécu dix jours.


- Sophie évoque les checkpoints :

Je me rappelle parfaitement cette fin de journée en Cisjordanie.
Elle fait partie des moments de stress qu’on n’oublie pas dans une vie. Ces moments restent gravés dans votre souvenir pour l’intensité, la peur, l’incompréhension et pour la violence de ce qu’ils nous renvoient.

J’imagine qu’ici, dans la salle, il y en a parmi vous qui ont déjà vécu de ces moments où vous avez l’impression de perdre le contrôle de la situation : vous vous baladez dans la rue et vous voyez au loin une fille qui se fait agresser… et vous restez bloqué par l’angoisse. De même lors d’un acte de violence physique commis contre vous…Cela vous marquera pendant plusieurs semaines, plusieurs mois, parfois même plusieurs années.

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Sophie partage son témoignage des checkpoints

Et bien, mon moment de stress en Palestine, je vais vous le raconter. Je vais vous raconter comment se sont déroulé les choses pour nous ce jour là. Pendant que vous m’écoutez, gardez en tête que c’est comme ça que se déroule la vie des Palestiniens, chaque jours et ce, depuis des années, en fait, depuis plus de 60 ans.

Dimanche, 12 avril 2009. Il est 17H10
Nous avons passé la journée à Naplouse et avons repris la route vers le camp de Aïda. Mais dès la sortie de la ville, notre minibus est arrêté : checkpoint….

Un checkpoint, pour ceux d’entre vous qui ne le sauraient pas, c’est comme un péage sur les autoroutes françaises, excepté qu’ici, on ne vous demande pas de l’argent pour passer la frontière : « on » vous contrôle, « on » vous fouille, vous examine le corps et le passeport, jusqu’à ce qu’ « on » décide si, oui ou non, on va vous laisser passer ou non… De façon complètement arbitraire, un être humain décide qu’un autre être humain peut ou non continuer sa route. « Est-ce que ma tête lui convient ? » Voilà la vraie question.

« On ». L’uniforme qui vous contrôle porte une mitraillette qu’il pointe sur vous en vous posant toutes sortes de questions. La plupart de ces soldats ont notre âge, 18 ans, 20 ans. Je rappelle en passant qu’en Israël, le service militaire est obligatoire pour tous les jeunes Juifs (femmes et hommes), et qu’il dure 3 ans.

En attendant notre tour bien à l’abri de notre minibus, nous observons comment, devant nous, les soldats ont fait descendre de jeunes Palestiniennes de leur car et leur crient dessus. La violence de leur comportement et de leurs propos nous fait perdre la voix. Pour moi, c’est la première fois que je suis confrontée à une scène aussi violente dans la vie réelle. Nous ne sommes pas dans un film de guerre, ni dans un reportage du JT . Nous sommes juste à coté d’eux, et nous ne pouvons rien faire…

Martine, la bénévole belge qui nous accompagne, commente la scène pour nous : "Les militaires ont tout pouvoir, celui de les laisser passer ou de les empêcher de rentrer chez eux. Ils peuvent gueuler, les bousculer, les injurier, les frapper : ils ont la bénédiction de leurs supérieurs et de leur gouvernement : les Palestiniens sont tous des terroristes, non ?"
Les visages des 3 jeunes de Aïda qui sont venus avec nous sont tendus. "Ils nous enlèvent toute notre dignité", murmure Oussama, dégoûté.

Quinze minutes plus tard, c’est enfin notre tour. Notre chauffeur fait mine de vouloir passer mais, à 10 mètres devant nous, un soldat casqué lui fait un signe « stop ! » de sa main ouverte. Je me rappelle comme, à ce moment très précis, tout m’a semblé compliqué. Je me rappelle que j’avais tellement peur que je me suis demandé un instant, pourquoi j’étais partie en Palestine… J’ai aussi pensé : « est ce que je vais pouvoir rentrer chez moi ? »
C’était ridicule, mais, dans de tels moments, la peur vous envahit à un point tel que vous ne savez plus à quoi vous attendre.

Le soldat nous crie « Tout le monde descend ! » et il se met à détailler nos visages, nos vêtements, nos passeports, et nous crie, sa mitraillette pointée sur nous "Where you from ? what you do ? Why you here ?" On répond : "From Belgium. We are tourists. Beautiful country here". Il lance "What you do in Naplouse ? Dangerous city !". Nous prenons un air étonné et répondons dans le même type d’anglais que le leur, assaisonné d’accent français : "We meet architects from Comité de Réhabilitation. We no problem there." Tout ça ne lui plait pas, il va chercher ses copains, qui repassent le groupe au crible, s’arrêtent sur mon amie Laetitia : "Where from ? What you do here ?" Laetitia répond de sa voix douce : "I from Belgium. I visit ze country". Il tend la main : "Passport !". Mais Laetitia ne l’a pas sur elle, elle montre le car du doigt, et part avec l’homme armé.

Nous restons en groupe serré à l’attendre sous le soleil... et devenons de plus en plus nerveux à mesure que l’attente se prolonge. 5 minutes passent, puis dix… Soudain Laetitia revient, et nous pouvons tous remonter dans le car qui redémarre. Là, elle nous explique que le soldat lui a posé plein de questions car il pensait qu’elle était juive. Martine nous explique qu’ici "C’est un crime, passible d’emprisonnement : une Israélienne juive n’a pas à se trouver en compagnie de Palestiniens en territoire occupé".

Ce jour là, je me le rappelle très bien, Laeti avait un foulard dans les cheveux ainsi qu’une longue jupe. Le soldat lui a demandé son prénom, son nom, ses origines, le nom de ses parents, son pays actuel… Cela a pris énormément de temps mais, elle a gardé son calme, pour que tout se passe au mieux et le plus rapidement possible. Je pense que si ça avait été moi qu’on avait arrêtée, j’aurais complètement perdu mes moyens. J’aurais peut être fondu en larmes ou quelque chose de ce style. Mais Laetitia a été parfaite ce jour là. Elle m’a épaté dans son « zenitisme » absolu.

Nous voilà donc repartis. Mais rien n’est encore gagné. Nous ne roulons que depuis 10 minutes à peine et voilà encore un checkpoint devant nous. Le car s’arrête, et de nouveaux les mêmes questions : D’où venez-vous ? Qui êtes-vous ? Pourquoi êtes-vous sur cette route ? Que faisiez-vous à Naplouse… Le plus absurde dans tout ça, c’est clairement la répétition de ces contrôles : des douanes volantes qui vous fliquent à 30 mètres d’intervalle…

Nous aurons mis une heure pour faire quelques centaines de mètres. Ajoutez à cela beaucoup de stress, la peur de ne pas pouvoir rentrer chez soi, la peur que nos amis palestiniens soient retenus sur place et que nous devions continuer sans eux… Ou encore que Laetitia soit emmenée et emprisonnée ou que sais-je encore… Tout cela pour quoi ? …

Ce qui est important à retenir dans ce que je viens de vous raconter, c’est que pour moi ce ne fut qu’un jour dans ma vie. Un jour empli d’angoisse, de stress, de tristesse même. En Cisjordanie, par contre, ça se passe tous les jours, sans exception, pour les Palestiniens lors de chacun de leurs déplacements.

Quand un jeune veut aller à l’unif suivre ses cours, au lieu de mettre 20 minutes à pied, cela lui prend 4h… si on le laisse passer, si le checkpoint n’est pas fermé, si on ne lui confisque pas ses papiers d’identité, si…
Question de « SECURITE », paraît-il…
Je n’en suis pas convaincue, vraiment…
Celui qui nourrit la peur et l’insécurité, ce n’est pas le jeune qui veut aller d’un point A à un point B, mais bien l’homme armé qui s’occupe de le contrôler. Voilà, selon moi, toute l’absurdité et la violence de ces check points.


- Vidéo : Occupation


- Bénédicte relate la visite du camp de Balata :

Bonsoir. Je voudrais vous parler de ce qui fut pour moi un des moments les plus difficiles de notre voyage, un moment où j’ai pu approcher une réalité que je n’ai que rarement rencontrée dans ma vie.

C’était notre 10ème jour en Cisjordanie, en fait une ou deux heures avant l’épisode des checkpoints raconté par Sophie. Nous allions quitter Naplouse, ville plutôt calme où nous avions passé la journée agréable en compagnie de jeunes universitaires palestiniens. Avant de redescendre sur Bethléem et de rentrer « chez nous », à Aïda, nous nous sommes arrêtés au camp de réfugiés de Balata, situé à la sortie de la Naplouse.

Nous y avons été accueillis par le directeur du centre culturel qui nous fait une longue présentation de son camp avant de nous laisser le parcourir. Son anglais, un peu difficile à comprendre et la fatigue que j’ai accumulée depuis 10 jours ont fait que je n’écoutais que d’une oreille ce que nous disait cet homme. Mais un chiffre m’effraya : 25 000 personnes vivaient à Balata, sur un km2…

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Bénédicte raconte notre visite du camp de Balata

J’ai essayé de me représenter à quoi cela pouvait ressembler, 25.000 personnes entassées sur un km². Mais j’étais loin de la réalité que nous allions découvrir quelques minutes plus tard. Le directeur nous explique que la surpopulation du camp est due au fait que si jamais les gens décidaient d’aller habiter autre part que sur ce km², ils perdraient leur droit d’un jour pouvoir retourner chez eux . Ce qui explique les constructions tout en hauteur du camp…

Quand il eut terminé de parler, le directeur du centre nous invita à aller parcourir le camp, en insistant pour que nous restions bien tous ensemble...

Je me souviens que c’était un jour chaud et ensoleillé. Pourtant, dès mes premiers pas dans ce camp, le soleil disparut, aussi bien dans mon esprit qu’en réalité, caché qu’il était par toutes ces habitations agglutinées. Un sentiment très fort m’a envahie, dont je ne sais toujours pas bien si c’était du malaise, de la rage ou de la tristesse…

Aujourd’hui, quand je regarde les photos que nous avons prises alors, ce même sentiment m’ envahit encore. C’est difficile pour moi de vous expliquer le camp de Balata. Je peux essayer de vous décrire ses ruelles tellement étroites qu’on ne peut y marcher qu’à la queue leu-leu, parler de l’ obscurité, du manque d’air… Mais je ne trouve pas les mots pour rendre l’ambiance qui y règne : on se sent enfermés, écrasés, on étouffe dans ce labyrinthe d’habitations toute en hauteur. La saleté, le bruit : tout cela ressemble aux bidonvilles que j’ai vus à la télé. Sauf que cette fois-là, j’y étais, dans cette misère où des familles entières doivent vivre.

Ce que vous pouvez imaginer en m’écoutant parler est probablement encore bien en deçà de la réalité . Je me souviens que, pendant que nous marchions dans Balata, personne ne disait mot. Tous, nous nous demandions comme ces gens faisaient pour vivre au jour le jour dans un tel endroit. Et les enfants ?… Quand on grandit dans de telles conditions, quelle personne devenons-nous ? Quels choix ces enfants feront-ils plus tard pour se révolter et faire cesser ces conditions de vie indignes d’êtres humains ?

La réponse nous attendait quelques pas plus loin. Après être sorti de ce méli-mélo de passages étroits, nous sommes arrivés dans la « grande rue » du camp, laquelle ne doit faire pas plus de 5 mètres de large. Là, il y a un semblant de vie : les gens se regroupent devant les quelques petites échoppes du camp et des enfants jouent, se dégourdissent les jambes. Là aussi, une série d’affiches collées aux murs qui appellent les jeunes à prendre les armes.

Dans un autre contexte, ces affiches m’auraient mise en et je me serais dit : « hoooo, encore de la violence ! ». Mais là… Je comprends que quand on vit dans un pareil endroit, dans des conditions de vie aussi désolantes, aussi humiliantes, la solution qui vient à l’esprit, c’est la révolte, la colère, la violence 

Si moi j’étais née là bas, si j’avais grandi dans un tel trou, dans une telle pauvreté, quel choix aurais je fait ? Est-ce que j’aurais pris les armes ? Ou est-ce que j’aurais écouté et suivi les éducateurs du centre culturel qui offrent aux enfants des camps une autre voie que celle de la violence ?


- Vidéo : Réfugiés

Réfugiés


- Al Qouds el atiqa, de Fayrouz

القدس العتيقة

مريت بالشوارع ... شوارع القدس العتيقة
 قدام الدكاكين ... البقيت من فلسطين
 حكينا سوى الخبرية و عطيوني مزهرية
 قالوا لي هيدي هدية من الناس الناطرين
 و مشيت بالشوارع ... شوارع القدس العتيقة
 اوقف عباب بواب صارت و صرنا صحاب
 وعينيهن الحزينة من طاقة المدينة
 تاخدني و توديني بغربة العذاب
 كان في أرض و كان في ايدين عم بتعمر تحت الشمس و تحت الريح و صار في بيوت و صار في شبابيك عم بتزهر صار في ولاد و بايديهم في كتاب
 و بليل كلو ليل سال الحقد بفية البيوت
 و الايدين السودا خلعت البواب و صارت البيوت بلا صحاب
 بينن و بين بيوتن فاصل الشوك و النار و الايدين السودا
 عم صرخ بالشوارع ... شوارع القدس العتيقة
 خلي الغنيي تصير عواصف و هدير
 يا صوتي ضلك طاير زوبع بهالضماير
 خبرهن عللي صاير بلكي بيوعى الضمير 

La vieille Jérusalem

J’ai marché par les rues
Les vieilles rues de Jérusalem
Devant les magasins qui sont resté de Palestine
Nous avons a raconté ensemble les histoires
Ils m’ont donné un bouquet de fleurs
Ils m’ont dit que c’était un cadeau des gens qui ont attendu
Et j’ai marché par les rues
Les vieilles rues de Jérusalem
Je m’arrêtait devant les portes
Avec lesquelles je suis devenu ami
Et leurs yeux tristes
Par la petite fenêtre de la ville
M’ont balancé dans l’exil de la souffrance
 
Il y avait un une terre et il y avait des mains
Ceux-ci ont bâti en dessous du soleil et le vent
Et il y a avait des maisons et des fenêtres avec des fleurs
Il y avait des enfants avec des livres dans la main
Et dans une terrible nuit noire… entièrement noir
La haine a coulé dans l’ombre des maisons
Et les mains noires ont brisé les portes
Et les maisons ont perdu leurs propriétaires
Entre eux et il y a leurs maison les épines, le feu et les mains noires
 
Je crie les vieilles rues ... les vielles rues de Jérusalem
Laisse circuler la chanson comme l’orage et le bruit
Oh ma voix, continue à voler, crie dans les consciences
Dit leurs ce qui arrive … peut-être que la conscience sera secouée hardiment
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La chorale chante Fayrouz

- Weyn ’a Ramallah, chant populaire traditionnel

ل وين ع رام الله غناء سلوى العاص

وين ع رام الله,وين ع رام الله
ولفي يا مسافر ,وين ع رام الله
 
ما تخاف من الله, ما تخاف من الله
خذيت قليبي ,ما تخاف من الله
 
هي يا حبيبي ,هي يا حبيبي
غيرك ما بهوى,هي يا حبيبي
حظي ونصيبي, حظي ونصيبي
ردتك من الله, ردتك من الله

Où ? A Ramallah.

Où ? A Ramallah. Où ? A Ramallah.
Mon amoureux est parti à Ramallah.
Ne crains-tu pas Dieu ? Ne crains-tu pas Dieu ?
Tu m’as pris mon cœur sans crainte de Dieu.
 
Hé mon amour. Hé mon amour.
Je n’aime que toi, hé mon amour.
Ma chance et ma destinée.
J’ai prié Dieu pour que tu sois ma chance et ma destinée.


- Sophie raconte l’aventure du jeune David

Je me présente, je m’appelle David, j’ai 30 ans. Je tiens une échoppe de souvenirs rue Saint Paul IV, près de l’église de la Nativité à Bethléem. Je suis également ouvrier de chantier, mais aujourd’hui, c’est de moins en moins facile de trouver du travail.

Les affaires vont de plus en plus mal pour nous, petits commerçants. Les touristes qui viennent ici en voyage organisé ne viennent plus acheter chez nous… Il parait qu’on leur dit de se méfier des Arabes et d’éviter de nous approcher !…

Je vous ai dit que j’étais marchand de souvenirs…Eh bien, mon plus beau souvenir, j’ai vraiment envie de le partager avec vous, ce soir.

Un jour, avec des copains, on s’est rendu en cachette à Jérusalem. C’était il y a 4 ans…On parlait, et puis, c’est venu comme ça, un pari fou :

« Vous voulez aller à Jérusalem ?… Chiche qu’on y va cette nuit !… »

Je suis sur la route vers Jérusalem, j’entends le moteur de la voiture qui ronronne… Quelle excitation et quel stress aussi !… J’espère qu’on ne va pas se faire prendre… Personne ne parle, chacun écoute, chacun scrute la nuit et essaie de deviner le paysage qui défile en se disant que ce sera peut-être la seule et unique fois.

On fait détour sur détour pour contourner les checkpoints. Au bout d’un temps, il faut abandonner la voiture : on est tout près du mur maintenant, ça devient beaucoup trop dangereux. Nous sommes en situation illégale, et si on se fait coincer par l’armée israélienne, on va payer cette escapade très cher…

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Sophie relate l’escapade de David à Jérusalem

Je marche. Je marche, dans le noir total de la nuit, en silence, toujours. Au moindre bruit, on s’immobilise, on se colle aux arbres en rentrant le ventre. Puis on continue…Course, attentes… J’entends mes copains respirer devant et derrière moi. Je sens à peine la fatigue qui me prend … Devant nous, le mur !

Qu’est ce qu’on fait les gars, on continue ??? On continue ! …
On longe le mur à plat ventre dans l’herbe, on guette l’endroit où il s’arrête, où il n’est encore qu’un grillage… Peur, excitation, adrénaline, palpitations, battements toniques du cœur, fatigue, envie, espoir… On avance, … lentement, …à l’aveuglette, …Le stress monte, de plus en plus, le stress monte de plus en plus à l’approche de notre but …Le stress et la joie prête à éclater …

Je ne sais plus comment nous sommes entrés dans la vieille ville… Je sais seulement que tout d’un coup, nous y étions… Que personne ne faisait attention à nous…et qu’on a marché, marché… Chaque centimètre, on a parcouru chaque centimètre des rues de la vieille ville. On n’arrêtait pas de se répéter : « Nous sommes à Jérusalem … ! Nous sommes à Jérusalem ! ». On n’arrivait décidément pas à le croire !

(pause)

Voilà, le plus beau souvenir de ma vie. Cette expédition aura duré 24h… dont 4 petites heures de sommeil…

Peut-être qu’ici, personne ne peut comprendre quel bonheur c’était pour nous de marcher à nouveau dans les rues de Jérusalem… Nous n’avons plus le droit d’y aller. Elle n’est pourtant qu’à 10 minutes en bus d’ici…

Personne ne peut me dire quand je retournerai là bas… si, j’y retourne un jour… Mais, cette fois-là, nous l’avons fait…


- Mountasibal Qamati amchi, de Marcel Khalifa

منتصبَ القامةِ أمشي

آآآآآآآآآآ
منتصبَ القامةِ أمشي مرفوع الهامة أمشي
منتصبَ القامةِ أمشي مرفوع الهامة أمشي
في كفي قصفة زيتونٍ وعلى كتفي نعشي
وانا امشي وأنا أمشي وانا امشي وانا وانا وانا امشي
آآآآآآآآآآ
قلبي قمرٌ أحمر قلبي بستان
فيه فيه العوسج فيه الريحان
قلبي قمرٌ أحمر قلبي بستان
فيه فيه العوسج فيه الريحان
شفتاي سماءٌ تمطر
نارًا حينًا حبًا أحيان
شفتاي سماءٌ تمطر
نارًا حينًا حبًا أحيان

Je marche droit

Aaaaaaa
 
Je marche droit
La tête haute
Dans ma main une branche d’olivier
Et sur mon épaule mon cercueil
Et je marche et je marche
Et je je je je je marche
 
Aaaaaaa
 
Mon cœur est une lune rouge
Mon cœur est un jardin
A l’intérieur un ciel plein de pluie
Parfois feu, parfois amour


- Tanguy témoigne de la manifestation de Silwan :

Revenons quelques instants à Jérusalem, le 5 avril 2009. Nous venons de rencontrer Ali Jiddah, ancien membre du Front Populaire de Libération de la Palestine, poseur de bombe lorsqu’il avait 18 ans. Difficile à croire quand on voit ce vieil homme sage... Il n’a rien de ces excités que l’on voit tant à la télé.

Ali nous a confié qu’aujourd’hui il soutenait d’autres formes de lutte, non violentes. Mais comment se faire encore entendre quand les morts palestiniens ne semblent pas compter, quand les droits fondamentaux du peuple palestinien sont bafoués au quotidien sans que personne ne bouge ? D’un autre côté, avec ce qu’on voit ici dans les médias, on finit par se demander si les Palestiniens veulent ou même, sont capables d’agir autrement qu’en posant des bombes, trop meurtrières, ou en lançant des pierres, trop inoffensives.

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Tanguy raconte la manifestation de Silwan

Mais Daoud, l’ami qui nous guide dans Jérusalem, propose, comme pour illustrer ce qu’Ali vient de nous dire, de nous emmener à Silwan, pour assister à un « spectacle-manifestation ». Dans ce quartier de Jérusalem-Est, 1500 personnes vont être expulsées pour faire place aux « Jardins du roi David », un parc d’attractions biblique conçu par la municipalité israélienne de Jérusalem et réservé aux seuls Juifs. En ce mois d’avril 2009, cela fait un an que les habitants résistent et, à cette occasion, ils ont organisé une petite fête animée par et pour les enfants.

Lorsque nous arrivons à Silwan, il y a déjà du monde. Les enfants sont surexcités, mais l’atmosphère est plutôt festive, a priori. Un clown tente d’égayer l’assemblée et de capter l’attention pour qu’on puisse entendre les organisateurs qui expriment leur solidarité avec les familles qui vont être expropriées. Là j’ai l’impression d’être dans une manif comme chez nous, sauf que l’ambiance est un peu étrange, faite de joie teintée de résignation. Ou plutôt, on dirait une fête d’école, avec des gens très mélangés : tout le monde semble se connaître et se salue. J’essaie de saisir cette ambiance avec l’enregistreur. Je me sens là dans un monde étrange et en même temps familier, à mille lieues en tout cas des images que j’avais vues de manifestations palestiniennes.

Effectivement, ici, pas un cocktail molotov, aucun jeune masqué d’un keffieh, pas de bousculades. Je suis presque déçu, en fait… Et là je me dis : « Mais comment ai-je pu penser que les Palestiniens ne pouvaient se défendre que de manière violente ? » Souvent je me disais qu’ils n’avaient pas d’autre choix, ou tout simplement qu’ils manquaient de créativité ou de « culture démocratique »...

Et là je me rends compte que des « Arabes » peuvent manifester avec civilité et dignité. Quelle surprise ! Je suis un peu honteux tout de même de le découvrir ici, maintenant, à Silwan... Puis je commence à m’interroger :est-ce qu’organiser une manif avec des revendications claires mais à l’écart des médias est plus efficace que de poser une bombe, sans aucun doute bien plus médiatique mais sans véritable message ? Au niveau de la logistique, l’une et l’autre action ne sont pas faciles à organiser... Et de toute façon, le recrutement est difficile dans les deux cas, ça c’est sûr.

Mais, soudain, un geste me tire de ces pensées de contestataire en chambre : un vieil homme s’avance et prend le micro. On dirait qu’il a repéré notre petit groupe - il faut dire qu’on est pratiquement les seuls « touristes » au milieu de la population palestinienne. Peut-être qu’il nous prend pour des journalistes ? Le pauvre, s’il savait qu’il ne peut rien espérer de nous... Il nous regarde et, à ma grande surprise, il se met à parler en anglais, comme s’il savait qu’on enregistrait. Voici ce qu’il nous dit (je traduis, bien sûr) : « Vous êtes les bienvenus à Silwan, qui maintenant est encore reliée à Jérusalem, mais qui va en être séparée. Bienvenue à vous et s’il vous plaît, faites passer ce message à tous vos amis en Europe, en Amérique, en Australie, partout : je vous en prie, regardez nos enfants et voyez-les, écoutez nos enfants et entendez-les. Voyez que nous enseignons la paix à nos enfants. Nous les poussons dans la direction de la paix. Si vous le voulez bien, emportez ce message avec vous de l’autre côté. Dites-leur ce que nous apprenons à nos enfants. Merci. »

Je dois dire qu’entendre ça a été pour moi un vrai détonateur.


- Vidéo : Beautiful Resistance

La Belle Résistance


- Marine et Laetitia concluent :

** Très vite, nous avons su que nous ne ferions pas que passer puis repartir de Palestine et continuer à vivre comme si de rien n’était. Très vite nous avons compris qu’une fois rentrés chez nous, il faudrait que nous racontions, que nous fassions vivre ici dans nos cercles de famille, d’amis, de connaissances et si possible plus largement encore, toutes ces personnes avec qui nous avions parlé, ri, mangé, pleuré, chanté, attendu, marché…

Avec leur accord, nous avons filmé nos rencontres, enregistré nos conversations avec eux. Nous en avons fait ce livre, « La belle résistance », un recueil de tout ce que nous avons vu, entendu, ressenti. C’est un document-témoignage au travers duquel nous avons essayé de comprendre ce que signifie de vivre sous occupation, ce qu’est le quotidien des hommes, femmes et enfants piégés dans cette situation, et surtout, ce qui les fait tenir debout.

*** Non, nous ne nous prenons pas pour les chevaliers blancs de la réconciliation. Nous ne savons même pas si nous y croyons. Mais nous éprouvons une réelle admiration pour tous les Palestiniens que nous avons rencontrés, pour l’intelligence et la douceur extrême de leur résistance à l’occupation.

Certains nous reprocheront de faire de l’angélisme, de délibérément ignorer tous les fauteurs de troubles palestiniens pourtant bien réels, et d’ailleurs « vus à la télé ». Délibérément, c’est le mot… Ceux-là n’ont pas besoin que nous leur fassions de la publicité, d’autres s’en occupent.

** Oui, nous avons choisi de porter la voix des artisans du vivre ensemble, celle des hommes et des femmes qui travaillent, pierre après pierre, à la construction d’un monde meilleur pour les adultes de demain. Les Palestiniens de la troisième génération sous occupation ont bien compris que la lutte armée ne mènerait à rien. Pour continuer à exister malgré l’enfermement, les brimades quotidiennes, l’indifférence, ils ont inventé ce qu’ils ont appelé la « Belle Résistance » : « muqâwama jemila " .

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Marine et Laetitia concluent la présentation

*** Des initiatives citoyennes ont fleuri au milieu des multiples champs de ruines laissés par les conflits successifs. Toutes, elles vont dans le sens de l’accompagnement des enfants : l’art et l’éducation en guise de réponse à la machine de guerre. Art et éducation dans les villes et villages sous occupation, dans les camps de réfugiés, et aussi dans les prisons où le temps est mis à profit pour enseigner tout ce que l’on sait aux uns et aux autres.

Et la roue s’est remise à tourner : les jeunes engagés dans des activités de création se retrouvent naturellement à s’occuper de plus jeunes qu’eux, lesquels, une fois plus âgés, s’occuperont d’autres enfants à leur tour. Les enfants, l’avenir.

Je termine ici, en vous disant que nous n’avons écrit ce livre que parce que nous nous sommes fait une promesse : porter jusqu’à vous la parole, le regard et l’existence de chacune de ces Belles Personnes que nous avons rencontrées là-bas. Par-delà le mur, par-delà les préjugés qui nourrissent la peur de l’autre, le rejet ou l’indifférence. Avec ce livre nous voulons vous dire qu’il ne faut pas avoir peur, ni s’empêcher de penser. Il faut oser être libre dans sa tête, digne dans ses pensées et ses comportements.

** Puisse ce livre vous donner l’envie d’en savoir plus et d’être à votre tour des relais vers plus de respect, de justice et de concorde en Palestine et dans le monde, comme nous espérons l’être à notre humble échelon. Merci.


- Pierre invite Leïla Shahid à dire un mot :

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Leïla Shahid remercie et félicite le groupe Taayoush
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Leïla s’adresse au groupe (de g. à dr. : Marianne, Anne-Claire, Louise, Bénédicte, Diane, Dominique, Tanguy, Marco)
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Le groupe laisse exploser sa joie


- Tout le monde reprend en choeur Ounadikoum, d’Ahmed Qabour

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Tout le monde chante Ounadikoum

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Soirée 10/02/11
Soirée 10/02/11

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