Quelques jours avant le départ

mardi 18 octobre 2011
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- Vaguement entendu dans la presse :

11 mars 2011 : à Itamar, colonie juive située près de Naplouse en Cisjordanie, cinq membres d’une famille sont sauvagement assassinés. La condamnation est unanime de la part d’Israël et de la communauté internationale bien sûr, mais aussi du côté palestinien. Cependant, sans attendre les résultats de l’enquête en cours, l’attaque est qualifiée de terroriste et imputée aux Palestiniens. [1] Au vu des techniques de protection sophistiquées de la colonie, la probabilité que le meurtrier soit issu de la colonie est grande. Dans les médias palestiniens, on a eu vent d’un différend survenu entre les colons et un employé thaïlandais [2]. Mais cette piste n’a pas été envisagée sérieusement par les enquêteurs. Deux jeunes étudiants palestiniens de 18 et 19 ans ont été déclarés coupables. Vu la manière dont sont en général conduits les interrogatoires de prisonniers palestiniens par les autorités israéliennes, on peut douter des « aveux » des accusés [3]. Une punition collective est lancée sur le village palestinien d’Awarta [4].

On apprendra plus tard qu’en représailles à ce quintuple meurtre, les colons exigent que soient construits plus de logements dans les colonies ; des permis ont aussitôt été délivrés pour la construction de 400 habitations dans les colonies d’Ariel, Maale Adumim, Gush Etzion et Kyriat Sefer, blocs qu’Israël compte annexer dans le cadre d’un accord de paix [5].

Remarque : il semble que, dans ce cas-ci, les médias internationaux en général n’ont pas suivi aveuglément la narration israélienne. C’est encourageant.

- Plus largement évoqué dans la presse :

23 mars 2011 : une bombe a explosé à un arrêt de bus à Jérusalem, sur une ligne fréquentée par les colons. Une femme est tuée, 30 personnes sont blessées dont 3 grièvement. Jérusalem n’a plus connu d’attentat depuis 2004. L’attentat n’est pas revendiqué. Il est vigoureusement condamné de toutes parts, y compris par Salam Fayyad (Premier Ministre actuel de l’Autorité Palestinienne) : cette action fait du tort à la cause palestinienne, dit-il. [6] Le Hamas a nié toute implication et les Brigades Al Qods (Jihad islamique) ne l’ont pas revendiqué. Cet attentat se passe dans le contexte d’une série de tirs d’artillerie israéliens et de raids aériens menés par Israël sur la bande de Gaza depuis le 19 mars (6 civils palestiniens tués dont 4 enfants, 4 combattants des Brigades Al-Qods tués et 25 Palestiniens blessés dont 11 enfants, biens et infrastructures électriques gravement endommagés). Des éditorialistes du journal israélien Haaretz [7] déclarent que l’attentat pourrait très bien être « une initiative locale », un acte palestinien isolé. Jusqu’à présent, en tout cas, les autorités israéliennes n’ont pas trouvé les coupables.

Contexte politique : l’Autorité Palestinienne mène campagne pour la reconnaissance de l’Etat palestinien ; les manifestations à Gaza et Ramallah en faveur de la réconciliation entre le Fatah et le Hamas ont été suivies d’une offre de constitution d’un gouvernement d’union nationale par Mahmoud Abbas. Question : qui a intérêt à empêcher la constitution d’un Etat palestinien ? Quel meilleur moyen que de poursuivre la colonisation ?

Effet de ces évènements sur nos troupes : les parents s’inquiètent. Nous les rassurons de notre mieux. Mais un des jeunes restera finalement à Bruxelles.

Lire le récit du voyage


[1Voir le compte rendu des faits et des réactions.

[2Info-Palestine, 15 mars 2011.

[3Voir à cet égard les articles et enquêtes des associations israéliennes B’tselem et AIC.

[4Haaretz, Amira Hass, dont l’article n’a pu être publié que le 20 avril 2011.

[5Blog Guerre ou Paix.

[6Voir le compte rendu de l’attentat et des réaction.

[724/03/2011